Entretien fictif autour du Guide immobilier
Comment acheter et vendre intelligemment...

Q. Pouvez-vous nous dire ce qui vous a incité à écrire ce livre?

R. Acheter une maison n'est pas une bagatelle. De nombreuses gens se croient immunisées contre les attrapes. Bah! Pensent-elles. Ça n'arrive qu'aux autres. Vu de l'autre côté de la lorgnette, il se pourrait que le pire ennemi de l'acheteur soit l'acheteur lui-même. L'achat d'une maison constitue l'investissement le plus important d'un individu au cours de sa vie. En 2006, et ce, malgré l'information qui circule, 85 % des acheteurs magasinent comme s'ils achetaient une paire de souliers. Un jour, j'en ai eu assez! Combien de fois je me suis sentie impuissante devant tant d'hypocrisies, de fourberies, de mensonges! J'en ai vu de toutes les couleurs durant ma carrière! Lorsqu'il est question d'argent, des moutons peuvent vite se transformer en lions. Qu'ils s'agissent de spéculateurs, de développeurs, de constructeurs, d'agents immobiliers ou de monsieur et madame tout le monde, presque tous avaient un visage d'ange et la voix mielleuse. Tous les jours, je voyais des personnes charmantes et sans malice s'enliser dans des acquisitions frauduleuses ou douteuses, faisant face à des êtres rusés, totalement dépouillés de morale et dont seul le profit empoché avait un sens à leurs yeux. Voilà ce qui m'a incité à écrire ce livre.

Q. Comment avez-vous acquis votre expérience?

R. Après quelques années comme agent immobilier, je me suis spécialisée dans la vente de condominiums, lorsque ceux-ci commencèrent à faire fureur à Montréal. Cela m'amena à œuvrer auprès de différents promoteurs et constructeurs. Chaque projet avait ses particularités, mais aussi ses contraintes qui, parfois, pouvaient occasionner moult problèmes. La construction d'un immeuble existant converti en appartement à vocation condo est bien différente d'un édifice neuf. Les difficultés sont distinctes, et les erreurs de construction également. De plus, chaque promoteur immobilier a des valeurs différentes. Certains sont des escrocs, d'autres sont honnêtes et intègres. Ainsi, j'apprenais sur le tas.

Or, un jour, un imposant investisseur me remarqua. Il cherchait une personne de confiance pour négocier des terrains et des bâtisses qu'il convoitait d'acheter. Ne voulant pas quitter la vente de condominiums, j'ai accepté de travailler pour lui, dans mes temps libres. J'avais le sentiment que ce gros bonnet de la finance allait tout m'apprendre de l'immobilier. Déjà à cette époque, j'étais jeune, ambitieuse et audacieuse. Depuis longtemps, j'aspirais à investir dans l'immobilier. Je cherchais un modèle à imiter, une personne qui avait bien réussi en ce domaine. J'étais certaine de l'avoir trouvée. Cet homme est devenu mon mentor. Il m'enseigna l'art de faire des recherches approfondies au Bureau de la publicité des droits, ainsi qu'à la municipalité. Il m'apprit à scruter un immeuble, à détecter les camouflages, à voir les divers travaux exécutés par des bricoleurs amateurs, à trouver les indices qui permettent de repérer des problèmes majeurs (vices cachés), à discerner le vrai du faux, autant dans le langage corporel que dans les paroles ou les écrits (falsification de baux et autres documents). Après plusieurs années d'apprentissage, j'ai commencé à investir pour moi-même. Bref, plus j'avançais dans mes investigations, plus je comprenais à quel point il était facile de se faire arnaquer. Les escrocs sont dans toutes les couches de la société.

Q. Pouvez-vous nous expliquer les causes qui incitent les gens à ne pas faire de recherches?

R. L'impulsivité, l'émotion, l'empressement et le manque de temps sont en partie responsables de cet état de fait. De nombreuses gens débutent leurs investigations avec l'intention de bien s'informer. L'empressement à vouloir dénicher rapidement ce qui leur convient, le temps qu'elles y consacrent et les déceptions à chaque visite finissent par les décourager et les épuiser. Or, dès qu'elles ont un coup foudre avec une propriété, l'émotion prend le dessus. Elles oublient leurs objectifs premiers. Elles achètent sans se soucier que le reste de la maison ou de l'environnement ne leur convient pas du tout. Fatiguées, ces gens font confiance et abandonnent les recherches.

Q. Pourquoi devrait-on lire ce livre, à votre avis?

R. Dans ce guide pratique, pièce par pièce, je visite la propriété avec l'acheteur. Je lui indique ce qu'il doit observer et noter à chaque endroit. À la fin de chaque chapitre, j'ai inscrit les questions importantes à poser au propriétaire vendeur, à l'agent immobilier, au promoteur et à la municipalité. L'acheteur n'a qu'à cocher au fur et à mesure qu'une question a été répondue et vérifiée. Peu importe qu'il s'agisse de l'achat d'un terrain, d'une maison, d'un condo ou d'une propriété à revenus. J'ai aussi noté les clauses importantes à inscrire sur l'offre d'achat. Chaque clause diffère subtilement de celle qu'un agent immobilier va inscrire sur l'offre pour l'inspection de la maison. Elle protège l'acheteur adéquatement pendant le délai.

Ce livre permet à l'acheteur d'aiguiser son sens de l'observation et de détecter plus aisément les pièges que recèle chaque propriété. Après quelques recherches, il va vite devenir un quasi-expert. Des maisons construites parfaitement, il n'en existe pas, mais une propriété parfaite pour l'acheteur, oui, cela se trouve. Néanmoins, il faut être patient, attentif et prudent.

Q. Que conseillez-vous à toutes ces gens qui veulent acquérir une propriété?

R. Lorsque j'ai voulu acquérir des terrains et des propriétés par vente pour taxes, j'ai étudié le processus durant un an avant d'acheter quoi que ce soit. J'assistais aux ventes uniquement dans le but d'observer et d'apprendre. Lorsque pour la première fois j'ai fait une offre, je savais ce que j'achetais et j'y ai fait de bons investissements.

C'est ce que je conseille aux acheteurs. Préparez-vous un an d'avance. Amusez-vous, tout en acquérant de l'expérience. Visitez des propriétés dans le secteur recherché. Conservez les descriptifs, compilez les informations, faites de petites recherches à la municipalité. De plus, faites-vous une liste de priorités dressées en deux colonnes. Sur l'une, indiquez vos objectifs et sur l'autre, vos aspirations, vos désirs. À titre d'exemple, les objectifs retenus par l'acheteur peuvent être de nature pratique et financière, telle vous rapprocher de votre travail dan sle but de vous défaire de la deuxième voiture, être près d'une garderie ou des services publics, tandis que les aspirations concernent plutôt l'aménagement intérieur et extérieur de la maison. Les objectifs doivent toujours avoir priorité sur les aspirations et les désirs. Par expérience, les gens qui se laissent dévier de leurs objectifs par un conseillé chevronné finissent par regretter leur achat. Dans ce livre, j'en explique les raisons et je donne des conseils pratiques pour acquérir une propriété en fonction de leurs objectifs.


 
 
 
     
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